La mode des années 40 et 50
je suis Grégory et je suis à l’origine du projet MemphisBelle.
Je suis accompagné de Graziella. (vidéos à venir) Nous allons illustrer cette présentation de la mode Dans les années 40 et 50 avec une sélection de vêtements utilisés pour les derniers shootings.
Ensemble, nous allons remonter le temps en France, durant et après la Seconde Guerre mondiale.
Je vais vous parler de l’influence de la mode française sur l’évolution de la Pin-Up américaine, que je représente en me basant sur les illustrations de Gil Elvgren.
- La France a apporté la vision artistique et l’image du luxe pour reconstruire la mode mondiale après la guerre.
- Les États-Unis ont fourni le modèle industriel et le marché de masse pour diffuser ce nouveau style.
L’influence du célèbre New Look de Christian Dior (en 1947) sur les Pin-Ups est indirecte mais essentielle : il a transformé la silhouette féminine idéalisée, la faisant passer d’une allure de guerre à un glamour exubérant.
Mais avant d’aller plus loin, retour en France, il y a environ 80 ans :
La Mode Française Sous l’Occupation (1940-1944)
Pendant l’Occupation, la mode française était dominée par deux réalités : la pénurie et la volonté de maintenir le chic parisien.
1. La Dictature du Rationnement
Les restrictions ont radicalement transformé la garde-robe des Françaises :
- Rationnement des Textiles : Dès 1941, le système de tickets limite la quantité de tissu.
- La soie était réquisitionnée (pour les parachutes), rendant les bas introuvables.
- L’astuce : Les femmes se teignaient les jambes avec du thé. Elizabeth Arden* a popularisé cette technique avec une lotion colorante et un crayon noir pour dessiner une fausse couture à l’arrière du mollet.
2. Le Style « Utilitaire »
Pour économiser le tissu, les coupes deviennent :
- Plus courtes : Les jupes remontent au-dessus ou juste en dessous des genoux, marquant la naissance de la jupe crayon.
- Plus Droites : Finis les volants et les plis ; place aux lignes épurées.
- Structurées : Les tailleurs s’imposent. Les vestes sont cintrées avec des épaules carrées et rembourrées, donnant une allure structurée, presque militaire.
- Couleurs sobres et imprimés discrets : Les couleurs prédominantes étaient sombres (marron, noir et bleu marine) et les imprimés, lorsqu’ils étaient utilisés, étaient généralement de petits motifs floraux.
- Chaussures confortables : Les chaussures à talons bas ou moyens et les compensées sont devenues populaires pour leur confort.
Malgré les contraintes, la féminité est préservée grâce à des accessoires tels que les gants, chapeaux et sacs à main. Pour la coiffure, les turbans (rendus célèbres par Simone de Beauvoir) et les résilles fleuries sont à la mode et permettent de camoufler le manque de coiffage ou de produits capillaires.
3. La Haute Couture, un Acte de Résistance
Contre toute attente, la Haute Couture a continué de fonctionner à Paris :
- Défense du Prestige : Les créateurs (Lanvin, Nina Ricci, Balenciaga) ont lutté pour que Paris reste la capitale de la mode, empêchant les Allemands de transférer l’industrie.
Maintien de l’Activité : La Chambre Syndicale de la Couture a obtenu des dérogations pour ses membres concernant le rationnement des matières premières (tissus, soie, cuir, etc.). Cette négociation a permis aux maisons de couture de disposer d’un minimum de ressources pour continuer à créer et à produire, contournant ainsi les restrictions imposées par les autorités d’Occupation et le régime de Vichy.
Le secteur du luxe et de la mode était vital pour l’économie française et représentait un enjeu d’image majeur. La Chambre a défendu l’idée que la Haute Couture était un patrimoine national qu’il fallait préserver à tout prix.
1947, Le New Look et la Pin-Up
Avec la fin de la guerre et la reprise économique, la mode des années 1950 connut un regain de luxe et de glamour. Le couturier Christian Dior lance en 1947 le « New Look », un véritable manifeste de luxe et de glamour qui signe le retour à l’opulence.
Le Modèle Français : Le Corps « Sablier »
Dior célèbre la féminité retrouvée avec :
- Des tailles étranglées (aidées par une gaine).
- Des jupes très évasées et longues, utilisant une quantité massive de tissu.
Ce style recentre l’attention mondiale sur Paris. L’industrie américaine le copie, l’adapte, mais surtout le démocratise pour le marché de masse, signant la fin de la mode rationnée.
L’Impact sur la Pin-Up Américaine
L’influence de la « vision artistique » française (principalement le New Look de Dior de 1947) sur les Pin-Ups américaines est indirecte mais fondamentale : elle a contribué à transformer l’esthétique du corps féminin idéalisé, le faisant passer d’une allure de guerre à une silhouette glamour et exubérante.
La Pin-Up, qu’elle soit une illustration (Vargas, Petty) ou une photographie (Marilyn Monroe, Bettie Page), est avant tout la représentation de l’idéal de beauté du moment.
Avant 1947 (Période de Guerre)
- Silhouette Pin-Up : La silhouette est encore largement influencée par l’austérité de la guerre. Les Pin-Ups sont glamour, mais les tenues peuvent être plus simples (robes fourreaux ou jupes au genou) avec des épaules légèrement plus structurées (même si l’accent reste sur la poitrine et les jambes).
- Les Vêtements : Souvent des uniformes stylisés, des maillots de bain une pièce à jupette, ou des robes modestes qui soulignent les courbes.
Après 1947 (Influence du New Look)
- La Montée de l’Opulence : Le New Look français porte le luxe du tissu et la féminité exagérée comme nouveau standard.
La Pin-Up post-1947 adopte immédiatement cette esthétique de l’abondance : - Taille Cintrée : La taille devient incroyablement fine. C’est le triomphe du corset et de la gaine, souvent montrés ou suggérés dans les illustrations et les photos. La Pin-Up devient le symbole parfait de la taille de guêpe française.
- Poitrine et Hanches Accentuées : Pour contraster avec la taille fine, les hanches et la poitrine sont mises en valeur. C’est la silhouette Sablier par excellence, que Dior a remis au goût du jour.
- Jupes Corolles : l’image iconique est la jupe patineuse (inspirée de la jupe corolle Dior) : ample, tournante, volumineuse, souvent ornée de motifs (pois, fleurs).
- Coiffures ultra-structurées (boucles Hollywoodiennes, Victory Rolls).
Maquillage accentué (lèvres carmin, eye-liner œil de biche), exigeant une sophistication de l’image.
Une Pièce Maîtresse : Le Bikini
C’est au Français Louis Réard, ingénieur automobile, que l’on doit l’invention du bikini et cela va peut-être vous surprendre: c’était en 1946.
Il observe les femmes sur la plage retrousser leur maillot de bain pour optimiser leur bronzage. C’est ainsi que lui vient l’idée de créer « le plus petit maillot de bain du monde »; un soutien-gorge et une culotte composée de deux triangles de tissu reliés par une corde.
Son nom, bikini, est inspiré du premier essai nucléaire américain survenu cinq jours avant son défilé, dans l’atoll de Bikini, îles Marshall.
Son invention est aussitôt suivi d’un scandale international qui le voit interdit sur de nombreuses plages (en France, en Belgique, en Espagne ou en Italie). Le bikini se popularise à l’orée des années 50 lorsque Brigitte Bardot l’arbore face aux photographes sur la plage du Carlton durant le festival de Cannes.
Si le maillot de bain deux-pièces existait déjà, personne n’avait encore osé avant Louis Réard exposer… le nombril !
Le Mot De La Fin
Pour conclure, la vision de Dior a fourni le cadre esthétique d’une féminité idéalisée et somptueuse, rompant avec la mode de la guerre. Les Pin-Ups américaines ont été le véhicule populaire qui a propagé cette nouvelle image dans la culture de masse aux États-Unis, bien au-delà des cercles de la Haute Couture.
Merci d’avoir lu cet article. J’espère qu’il aura été instructif.
J’ai beaucoup appris en rédigeant ce texte mais je tiens à préciser qu’il s’agit tout de même de ma propre vision des Pin-Up et même si je m’intéresse particulièrement à ce sujet, il peut y avoir des erreurs.
Merci à Graziella d’avoir à nouveau joué les modèles pour moi.
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